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  • Anne-Camille Khelalfa

L'approche collaborative de la mission éducative: Un fondement de l'IHS.




L’APPROCHE COLLABORATIVE DE LA MISSION

EDUCATIVE



Et si l’on ré-envisageait les rapports entre adultes et enfants ?



Pléthore d’informations parfois contradictoires, multiplicité de méthodes pédagogiques et éducatives, diversité d’opinions sur le bien et mal fondé des pratiques …. La mission éducative des parents et des professionnels de l’enfance est un sujet à la fois dense et polémique, tant il vient réveiller les affects de chacun.


D’un point de vue légal, l’article premier de la Déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen stipule : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ». Ce texte à valeur constitutionnelle, fait partie du droit applicable en France et situé au plus haut niveau de la hiérarchie des normes. Depuis la loi du 10 juillet 2019, relative à l’interdiction des violences éducatives ordinaires, il est établi que « L’autorité parentale s’exerce sans violence physique ou psychologique ». Impliquant la prescription de ses pratiques par tous parents ou professionnels de la petite enfance et de l’enfance.


D’un point de vue scientifique, la neuro-imagerie permet, elle, d’identifier les disparités de maturation entre le cerveau de l’enfant et de l’adulte, expliquant leurs différences à la fois physiologiques et psychiques. La plasticité cérébrale constituant la capacité du cerveau à se moduler relativement à une expérience vécue, est intense chez le jeune enfant dont les fonctions cérébrales sont en construction et implique une vulnérabilité accrue, mais aussi, une forte capacité de résilience. Ainsi, d’un point de vue neurobiologique, si la répétition d’expériences positives engendre la production d’hormones favorisant le développement cérébral, la récurrence d’expériences douloureuses ou stressantes, provoque la sécrétion d’hormones qui l’entrave.


Nous en avons donc l’illustration scientifique et en faisons l’expérience quotidiennement … Dans nos fonctionnements, nos besoins, nos capacités physiologiques, cognitives, ou socio-émotionelles, enfants et adultes sont différents.


Or, comme le proclame l’article premier de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, nous sommes « tous », quoiqu’en soient nos différences, de notre naissance à notre mort, libres et égaux en droits.

Par conséquent, ces différences ne sont pas le postulat d’une relation hiérarchique, mais d’équité, où chacun devrait être respecté tel qu’il est, avec ses besoins, ses capacités et ses limites.


Le rapport d’équité intègre les différences de chacun afin qu’il se trouve sur un pied d’égalité.

Loin d’être l’expression d’une infériorité de l’enfant par rapport à l’adulte, ses différences sont à l’origine de la nécessité d’adaptation de l’adulte, à l’enfant. Considérant que l’adulte est construit et en possession de toutes ses ressources et en connaissances de ses limites contrairement à l’enfant ; qui lui les construits.

Le rapport d’équité parait être un prérequis dans la mission éducative, qui d’une part, pourrait se montrer valable dans le cadre d’une sensibilisation aux violences et éducatives ordinaires mais aussi le socle d’une relation collaborative entre l'enfant et l'adulte, favorisant l’émergence de toutes ses facultés.


Mais pour que l’enfant soit en mesure et dans la volonté de collaborer dans cette relation d’équité, encore faut-il qu’il puisse se sentir en confiance dans un environnement sécure.

C’est ici, qu’il paraît donc important de rappeler l’impact immense de la notion d’attachement.


Durant la Seconde Guerre Mondiale, le psychiatre R. Spitz relevait les problématiques développementales associées aux enfants d’orphelinats ayant reçu tous les soins physiologiques nécessaires, mais privés d’interactions affectives suffisantes. Par la suite, les travaux de John Bowlby et de ses confrères plus contemporains, mettront en lumière l’implication de la qualité de l’attachement sur le développement cognitif et socio-affectif de l’enfant. Ainsi, la construction du lien affectif spécifique d’un enfant avec son porteur de soins principal, constitue une base de sécurité nécessaire aux explorations et donc, au développement de l’individu. Cette sécurité affective, se trouve à la base de notre capacité à expérimenter notre environnement et à en intégrer les apprentissages inférés.


Mais est-elle toujours prise en compte dans le cadre institutionnel ?


Une approche collaborative de la mission éducative serait donc fondée sur une relation équitable, tenant compte de l’individualité de chacun, sans rapport hiérarchique. Une relation sécure, permettant à l’enfant d’exprimer cette individualité et d’expérimenter ses propres apprentissages avec son co-équipier adulte, en considération de l’environnement de confiance et de sécurité établi.


Dans les années 60, les travaux de la psychologue américaine Diana Baumrind sur les styles parentaux, avançaient d’ailleurs qu’un modèle démocratique, ou les parents se montraient soutenant, favorisant l’indépendance et l’intégration du point de vue de l’enfant au sein d’un cadre réglementé, paraissait le plus adapté comparativement aux modèles autoritaires et permissifs. Elle constatait alors l’impact positif sur la confiance en soi, les habilités sociales, de régulation des émotions, mais aussi sur les résultats scolaires.


Une transposition ne serait-elle pas judicieuse dans le cadre éducatif proposé par les professionnels de la petite enfance et de l’enfance ?


Les enfants, sont les adultes de demain, ils sont le fondement du monde futur, l’enjeu qui pèse sur la mission éducative parentale, mais aussi des professionnels de la petite enfance et de l’enfance, est immense. Le rapport des 1000 premiers jours (2020) , mais aussi les Assises de l’école maternelle (2018) pilotées par le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, manifestent la compréhension politique de ses enjeux et la nécessité de ré-envisager les modèles éducatifs traditionnellement appliqués. Les pistes découlant de cette approche collaborative sur l’accompagnement de l’enfant et sur les modalités d’enseignement dans le cadre scolaire pourraient se montrer riches et peut-être porteuses de perspectives favorables dans l’épanouissement de chacun.


Se pourrait-il que nous soyons au point de départ de changements dont les horizons sont plein d’espoirs … ?


Anne-Camille Khelalfa . Septembre 2021.

Publication: Journal des professionnels de l'enfance.


L'approche éducative de la mission éducative est un fondement de l'IHS et dispose d'un impact positif multidimensionnel précieux.

La formation des équipes de l'IHS, est un élément primordial impactant à la fois la valorisation des professionnels ainsi que le bien-être des enfants et des équipes pédagogiques à l'école.

L'intégration de cette approche dans les pratiques professionnelles constitue un fil rouge dans le processus de formation des équipes.

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